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Matthieu Pigasse décroche un contrat exceptionnel et polémique pour restructurer la dette du Venezuela

Matthieu Pigasse décroche un contrat exceptionnel et polémique pour restructurer la dette du Venezuela

Le 11 février, le banquier Matthieu Pigasse descend à l’Hôtel Cayena de Caracas pour offrir ses services au gouvernement vénézuélien. Il croise Thomas Lambert, son concurrent de la banque Lazard, qui espère lui aussi décrocher le contrat. Les deux hommes s’ignorent royalement. Quelques semaines plus tard, ils se retrouvent à nouveau dans les couloirs de l’hôtel. La pression est maximale : il ne reste que quelques jours avant que le pays, dirigé par Delcy Rodriguez, choisisse la banque chargée de négocier la restructuration de sa dette avec ses créanciers.

C’est finalement Matthieu Pigasse, patron de la branche parisienne de la banque d’investissement américaine Centerview, qui remporte la mise, selon des informations du Wall Street Journal publiées mardi 26 mai, confirmées par Le Monde. Un coup de maître, quand on sait combien le contrat était disputé par tout ce que la planète compte de banquiers d’affaires : il s’agit d’une restructuration lourde, complexe et hautement politique, potentiellement équivalente à celle que la Grèce avait entreprise en 2012. Quels sont les montants en jeu ? Les banquiers d’affaires, qui touchent une commission généralement comprise entre 10 millions et 20 millions d’euros dans ce genre de dossiers, évoquent une dette d’au moins 170 milliards de dollars, soit 146 milliards d’euros. Mais elle pourrait atteindre jusqu’à 200 milliards de dollars avec les créances encore non identifiées. La restructuration, qui fera de nombreux perdants – au premier rang desquels la Chine, la Russie, les compagnies pétrolières et les fonds d’investissement américains –, ne connaît donc pratiquement aucun précédent dans l’histoire de la finance mondiale.

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