Arrivée au terme de sa carrière d’institutrice en 2020, Béatrice Bourgade a voulu s’offrir un atelier pour se consacrer sérieusement à la peinture, son violon d’Ingres. Son idée était simple : une extension greffée à sa maison, un pavillon des années 1980 construit sur un terrain en pente dans la commune auvergnate de Thiers (Puy-de-Dôme), qui devait lui permettre de naviguer entre ses pinceaux et sa cuisine. C’est naturellement qu’avec son mari, elle s’est tournée vers leur fille, Pauline Bourgade, et leur gendre, Salvador Figueras, pour la concevoir. Formés l’un et l’autre chez RCR Arquitectes, agence catalane lauréate du prix Pritzker 2017, ils ont créé leur agence, Fab Architectes, en 2016, à Lyon. Depuis, ils développent une forme d’acupuncture architecturale et urbaine qui fait merveille à toutes les échelles, du logement collectif à la gare, du radar météorologique à la réhabilitation de friche industrielle.
Et ce n’est pas parce qu’ils font un petit projet en famille qu’ils n’y mettent pas tout leur cœur. Ce serait même plutôt le contraire. Profitant du confinement pour s’installer dans la maison de leurs commanditaires, ils ont eu tout loisir d’étudier le terrain, de produire des maquettes, de tester en situation, à grand renfort de pieux plantés dans le jardin, quantité d’hypothèses différentes… Et d’envisager cette commande comme une manière de réparer les assauts du temps sur l’ensemble de la maison qui, en quelques décennies, avait perdu ses principaux atouts.
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