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Abrogation du Code noir : des députés et historiens réunionnais regrettent que la loi votée ne mentionne pas clairement les îles de l’océan Indien

Abrogation du Code noir : des députés et historiens réunionnais regrettent que la loi votée ne mentionne pas clairement les îles de l’océan Indien

Derrière l’émotion affichée après le vote à l’unanimité, jeudi 28 mai, à l’Assemblée nationale, pour l’abrogation du Code noir et le sentiment de contribuer à une journée historique, se dégage un sentiment non dissimulé de frustration. À la fois chez certains députés de la gauche réunionnaise présents dans l’Hémicycle et chez les historiens locaux.

Car la loi votée ne mentionne pas expressément les îles de l’océan Indien, La Réunion et Maurice. « Ce vote est évidemment très important et satisfaisant mais ce rendez-vous avec l’histoire n’est pas abouti. Le texte n’est pas à la hauteur des enjeux », déplore Raoul Lucas, ancien professeur d’histoire et de sociologie à l’université de La Réunion et membre de l’ancien comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (2004-2019).

En cause : l’article 1 du texte abrogeant le « Code noir ou édit du Roy sur les esclaves des îles de l’Amérique de mars 1685 », et précisant qu’il vaut aussi pour « l’ensemble des dispositions de toute nature prises pour son application, son adaptation ou son extension à d’autres territoires ». Ce qui n’est pas assez explicite pour Raoul Lucas : « L’esclavage colonial français ne se cantonne pas à l’Atlantique. » « L’océan Indien n’est pas l’Atlantique », insiste l’historien qui, avec les membres de l’académie de l’île de La Réunion, a publié un mémorandum, le 26 mai, en proposant des modifications sur ce sujet.

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