En 2024, à la Biennale de Venise, le peintre sénégalais Alioune Diagne, né en 1985, montrait une vaste composition de toiles accolées qui avaient pour sujets la réalité dakaroise d’aujourd’hui : jeunes désœuvrés aspirant à l’émigration, pêcheurs à la peine. Il le faisait dans son style particulier : des nuées de petits signes courbes colorés, synthèse d’écriture arabe et de néo-impressionnisme. Il faut de l’attention et un mouvement de va-et-vient du regard pour qu’apparaissent les figures. Sa nouvelle série présentée à la galerie parisienne Daniel Templon est exécutée dans la même langue visuelle et son sujet est, à nouveau, pris dans le quotidien.
Sauf que ce n’est plus celui de la ville, mais de villages situés dans la zone orientale limitrophe du Sénégal, frontalière de la Guinée, région de collines et de vallées. Là vivent les peuples Bassaris, les Bédiks, les Dialonkés et les Coniaguis. Leur situation géographique reculée leur a permis d’échapper à la traite négrière et ils ont opposé une résistance constante à l’islamisation, en s’appuyant au besoin sur le christianisme des missionnaires. Ils ont ainsi conservé les cérémonies d’initiation par classe d’âge et les rites liés à l’agriculture et ses rythmes saisonniers. Plusieurs fois, Diagne s’y est rendu et y a fait films et photos, à partir desquels il peint ce qu’il a vu.
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