Les Kiéviens qui n’étaient pas terrés dans les abris souterrains dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai ont pu apercevoir des colonnes incandescentes montant vers le ciel : des départs de missiles antiaériens aux quatre coins de la capitale. Le plus souvent, deux ou trois sont tirés à quelques secondes d’intervalle, signalés également par une forte détonation. A partir de ce moment, soit ces tirs sont suivis par une explosion beaucoup plus puissante dans les vingt secondes suivantes (le missile a été abattu ou il s’est écrasé au sol), soit il s’agit d’un missile de croisière qui a échappé aux intercepteurs et poursuit sa course vers une cible éloignée, son moteur à réaction sifflant dans le ciel.
Dimanche 24 mai, le bombardement de Kiev a duré de 1 heure à 5 heures, mêlant missiles balistiques et de croisière, ainsi que des drones à long rayon d’action (de type Shahed). Au moins quatre personnes ont été tuées et plus de 100 autres blessées dans les frappes ayant visé l’Ukraine dans la nuit de samedi à dimanche.
Entre 100 et 200 drones d’attaque à long rayon d’action (Dalra) de type Shahed sont tirés chaque jour en moyenne sur l’Ukraine. Ce sont des vaguelettes, certes assassines, à laquelle le pays s’est habituée après 1 550 jours de guerre. Mais, une à trois fois par mois, un tsunami de missiles et de drones russes frôlant le millier, souvent concentrés sur une poignée de centres urbains, sème la terreur et la destruction, comme ce fut le cas dimanche.
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