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Chlordécone aux Antilles : la loi adoptée au Parlement largement édulcorée

Chlordécone aux Antilles : la loi adoptée au Parlement largement édulcorée

En adoptant définitivement, mardi 2 juin, une proposition de loi « visant à reconnaître la responsabilité et à indemniser les victimes du chlordécone », les députés ont marqué une avancée symbolique. Celle de la reconnaissance d’une faute qui a conduit à l’empoisonnement généralisé des Antilles et de leurs habitants par l’insecticide des bananeraies : le chlordécone, interdit aux Etats-Unis dès 1976, classé cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé en 1979, a été autorisé jusqu’en 1993 dans la France d’outre-mer, et même utilisé jusqu’en 2000 en toute connaissance de cause, les producteurs de banane ayant constitué des stocks sur lesquels l’Etat a fermé les yeux.

« Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée », estime le député socialiste de Guadeloupe Elie Califer, qui a porté le texte. Cette reconnaissance a une valeur morale réelle, souligne l’un des avocats spécialistes du dossier, Christophe Leguevaques, car « la réparation symbolique est une réparation ».

La loi « ouvre une nouvelle phase, celle de la mise en œuvre concrète et de l’amélioration des réponses apportées aux victimes », a assuré la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, dans un communiqué. Le gouvernement saisit l’occasion pour rappeler qu’un plan est engagé depuis 2021 – à hauteur de 92 millions d’euros d’ici à 2030. Il comprend des analyses de l’exposition des populations (80 000 dosages réalisés), des contrôles des sols et une surveillance des denrées alimentaires, des aides sociales aux professions touchées (pêcheurs et agriculteurs), un soutien à la recherche.

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