Dans un contexte hautement volatil où l’exécutif est la cible d’attaques sur son « impréparation » et le manque chronique de moyens attribués aux services de secours – au premier rang desquels les sapeurs-pompiers –, l’image de sévérité donnée par plusieurs centaines d’interpellations suffira-t-elle à désarmer les critiques ? Mardi 4 août, à l’issue d’une réunion du Cogic (Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises) qui s’est déroulée Place Beauvau, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un bilan provisoire de 402 personnes interpellées – dont 156 sont mineures – liées à des mises à feu criminelles ou involontaires, parmi lesquelles 36 ont été placées en détention, « soit qu’elles aient été condamnées, soit qu’elles soient en attente de jugement ».
Impossible pour autant de comparer ces chiffres avec ceux des saisons passées – non communiqués –, ni de connaître le détail des faits reprochés, leur nature intentionnelle ou non, pas davantage que leur ventilation par zones géographiques. Plusieurs services de police et de gendarmerie, interrogés par Le Monde au niveau central comme en régions, ont évoqué les « consignes strictes de se cantonner aux annonces ministérielles » et ne pas « donner le détail des faits recensés ». « Nous restons sur le chiffre de 402 interpellations au niveau national depuis le 1er juillet », indique, sans autre précision, le cabinet de M. Nuñez, contacté, mercredi 5 août, par Le Monde.
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