Impromptue, la visite éclair de Vladimir Poutine à Krasnoïarsk, au cœur de la Sibérie, s’est déroulée sous le sceau du miracle. Les habitants de cette grande ville industrielle située à 4 000 kilomètres à l’est de Moscou, sans être au courant de la venue du chef de l’Etat, lundi 3 août, ont tout de suite remarqué quelque chose d’anormal en allant faire le plein.
Quelle ne fut pas leur surprise de constater, dès la veille, que l’essence avait refait son apparition dans toutes les stations-service en ville, y compris celles qui, ces dernières semaines, s’affichaient en rupture de stock. Cerise sur le gâteau, les prix à la pompe avaient baissé de moitié. « Cela fait deux jours qu’on ne fait plus la queue pour l’essence et qu’elle n’est plus vendue à 140 [roubles le litre, soit 1,50 euro] mais à 67, et tout ça grâce à Vladimir Vladimirovitch ! Merci d’être venu chez nous », s’est réjouie une jeune automobiliste interrogée par Echo, un média russe en exil.
Une vague de satisfaction, parfois teintée d’ironie, a envahi les réseaux sociaux, les blogueurs du cru expliquant comment le déplacement du « barine » (seigneur), malgré ses aléas – circulation entravée, forte présence policière, mauvaise connexion Internet –, avait aussi ses bons côtés. D’aucuns ont même suggéré qu’il revienne plus souvent, rappelant que son précédent séjour datait d’il y a sept ans. Une chose en tout cas est certaine : pendant 48 heures, les gens de Krasnoïarsk ont oublié la crise du carburant qui les affecte depuis les frappes répétées de drones ukrainiens sur les raffineries russes.
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