Un homme a été mis en examen et placé en détention provisoire pour le meurtre de son ex-compagne, qu’il est soupçonné d’avoir tuée avec une grande violence, jeudi 6 août à son domicile de Bollène, dans le Vaucluse, a annoncé le parquet d’Avignon. Il a en outre été mis en examen pour « détention d’armes de catégorie B et de catégorie C », a précisé Jean-François Mayet, procureur de la République adjoint, dans un communiqué.
Au moment de la découverte de son corps inanimé par les gendarmes, la victime « présentait de nombreuses blessures au niveau du crâne » dont certaines « supposaient l’emploi d’un objet tranchant », a précisé le procureur. Les forces de l’ordre étaient intervenues jeudi soir suite à un signalement d’une connaissance de la victime qui s’inquiétait de son absence.
L’homme a ensuite été interpellé dans la soirée à son domicile, où il se trouvait avec les deux enfants du couple, qu’il formait précédemment avec son ex-compagne.
Selon le quotidien La Provence, l’homme, un ancien légionnaire, serait âgé de 54 ans et avait été le colistier du candidat Rassemblement national aux dernières municipales, Franck Marest, défait par le maire sortant.
Il n’en était pas à ses premiers actes violents sur son ex-compagne. En juin dernier, lors de la séparation du couple, il avait déjà été mis en garde à vue pour des violences à son encontre. Placé sous contrôle judiciaire, il devait même comparaître devant le tribunal correctionnel de Carpentras, en novembre prochain.
Des mesures de protection étaient déjà en place
Depuis ses actes de violence, la « victime décédée bénéficiait de mesures de protection complémentaires avec la remise d’un téléphone grave danger [dispositif de téléassistance pour les personnes menacées de violences conjugales] confié fin juin par le parquet de Carpentras, ainsi que d’une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales », a précisé le parquet.
« Depuis les faits du mois de juin, aucun autre fait de violence n’avait été signalé, ni même dénoncé par la victime », a-t-il ajouté. Les enfants du couple originaire de Tchéquie ont été pris en charge par le centre hospitalier d’Avignon, avant d’être placés auprès de l’Aide sociale à l’enfance.
Au regard de la gravité des faits qualifiés de meurtre, le parquet de Carpentras s’est dessaisi de l’enquête au profit de celui d’Avignon, qui la centralise. Celle-ci se poursuit désormais sous l’égide d’un juge d’instruction.
En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, contre 96 en 2023, soit une augmentation de 11 %, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).