Des projections de cinéma sous les étoiles, dans l’écrin d’un village corse austère. Depuis 1994 à Lama (Haute-Corse), une commune de 150 habitants accrochée à des éperons rocheux, l’affiche tient ses promesses. Pendant une semaine, du 25 au 31 juillet, 10 000 spectateurs piochent dans une programmation rigoureuse de 70 films essentiellement projetés en avant-première et souvent primés. Ainsi La Bola Negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi, prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2026 ou La Gradiva, de Marine Atlan, Grand Prix de la Semaine de la critique.
Amener le septième art dans un village déclinant, l’idée pouvait sembler incongrue. Elle est née en 1994 dans l’esprit de Mathieu Carta. « Mille fois », l’octogénaire a raconté son histoire, celle d’un dentiste « cinéphage plutôt que cinéphile » devenu aveugle en 1988. « Je me contente de ce qui est essentiel, je m’en fous si une barque est blanche, je regarde un film comme vous lisez un roman », tempête, sur sa terrasse, Mathieu Carta. Avec une poignée de bénévoles, des aides européennes, il imagine ce qui était alors une « chronique rurale ».
Il vous reste 76.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.