Politique

Xenia Fedorova, propagandiste russe, visée par un arrêté d’expulsion : Laurent Nuñez affirme que ce n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression »

Xenia Fedorova, propagandiste russe, visée par un arrêté d’expulsion : Laurent Nuñez affirme que ce n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression »

L’arrêté d’expulsion visant chroniqueuse russe pro-Poutine Xenia Fedorova, accusée d’être la voix du Kremlin dans des médias français, n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression », a affirmé, jeudi 30 juillet, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. « On est sur un sujet qui est très grave, qui est celui d’une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », a-t-il déclaré sur BFM-TV, accusant Xenia Fedorova, ancienne patronne de la chaîne russe RT en France, de ne faire que « relayer la propagande russe » sur le territoire français.

Le comportement de Xenia Fedorova « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat », et sa présence sur le territoire « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », peut-on lire dans l’arrêté d’expulsion la visant.

« En déployant ses narratifs, [Xenia Fedorova] s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » et ce dans le but « de déstabiliser l’ordre public » dans l’Hexagone. Elle « contribue à la diffusion d’un discours de désinformation et de déstabilisation », poursuit l’arrêté, « visant à manipuler l’opinion publique (…), à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions ».

Interrogé mercredi par Le Monde, l’entourage de Laurent Nuñez a précisé : « C’est une décision souveraine qui lui retire de facto le titre de séjour et lui interdit de travailler. »

Influence grandissante sur Vincent Bolloré

Xenia Fedorova intervient sur CNews et Europe 1 et signe également une chronique dans l’hebdomadaire Le JDNews. Ses employeurs, les groupes Canal+ et Lagardère, ont dénoncé dans un communiqué commun « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions », apportant « leur plein soutien à Mme Fedorova ».

Xenia Fedorova va « former un recours » contre l’arrêté d’expulsion qui la vise, a annoncé à l’Agence France-Presse son avocat, Emmanuel Piwnica. « Cette décision est une atteinte grave à la liberté d’expression d’une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu’il soit », a-t-il également déclaré.

A la fin du mois de mai, Le Monde avait révélé la prolongation, en 2024, pour dix ans du titre de séjour de Xenia Fedorova et son influence grandissante sur Vincent Bolloré.

« Il y a des titres qui sont renouvelés de plein droit pour des étrangers qui sont en situation régulière depuis plusieurs années et qui remplissent des conditions. Il s’en délivre tous les jours », avait alors déclaré Laurent Nuñez, assurant qu’il n’y avait eu aucune « intervention » du gouvernement pour cette prolongation.

Interdite dans l’Union européenne (UE) depuis mars 2022 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, Xenia Fedorova défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron du milliardaire ultraconservateur.

Le gouvernement français et le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, ont qualifié à plusieurs reprises Xenia Fedorova de « propagandiste » du Kremlin. Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont demandé depuis à l’UE de prendre des sanctions à l’encontre de Xenia Fedorova, « propagandiste russe notoire », coupable, selon eux, de la diffusion de « narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE ».

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