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Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann estime qu’il serait « intelligent » de modifier la date du second tour, prévue le 2 mai

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann estime qu’il serait « intelligent » de modifier la date du second tour, prévue le 2 mai

Après la droite et l’extrême droite, le candidat du Parti socialiste et de Place publique à l’élection présidentielle, Raphaël Glucksmann, a estimé, lundi 2 novembre, qu’il « serait intelligent » de modifier la date du second tour de l’élection qui doit se tenir le 2 mai 2027, au lendemain des manifestations du 1er-Mai, Journée internationale des travailleurs. « Vu l’état de polarisation, vu l’état de détestation, vu l’état de violence dans la société, je pense que ce serait intelligent effectivement de changer la date de l’élection », a déclaré M. Glucksmann sur BFM-TV/RMC.

Avant lui, Bruno Retailleau, ancien ministre de l’intérieur et candidat Les Républicains (LR), avait dit craindre que les violences commises le 17 octobre se reproduisent lors du 1er-Mai, et pointait aussi « un problème de légalité », selon lui, car des candidats de gauche s’afficheront vraisemblablement dans les cortèges samedi alors que la campagne électorale se sera arrêtée dans la nuit, conformément au code électoral. « Si vous ne changez pas les dates de l’élection, j’y verrai une arrière-pensée », avait conclu le candidat LR.

Quant au Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite, « la neutralité et la sérénité qui doivent prévaloir avant le vote du dimanche seront nécessairement rompues par la tenue partout en France de manifestations du 1er-Mai, dont on sait qu’elles sont l’apanage de la CGT et de toutes les organisations syndicales et militantes de gauche », avait fait valoir Louis Aliot, vice-président du parti d’extrême droite et maire de Perpignan.

L’hypothèse a toutefois déjà été rejetée par l’exécutif. « Il n’y a pas de raison de changer ces dates, sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays », avait ainsi déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l’issue du conseil des ministres, mercredi.

« Climat de violence » et « brutalisation du débat »

Aussi interrogé sur la mobilisation des lycéens et des étudiants alors que lundi marque la rentrée des vacances scolaires de la Toussaint, Raphaël Glucksmann a dit « comprendre tout à fait l’attitude qui consiste à continuer la mobilisation », reconnaissant « un début de réponse » de la part du gouvernement mais qui est arrivé « trop tard » et qui est « surtout trop flou ». Jugeant les « demandes [des lycéens] parfaitement légitimes », M. Glucksmann a aussi appelé à « retourner en cours en ayant été entendu par le gouvernement ».

Dans ce contexte social tendu, le candidat de la gauche sociale-démocrate a aussi annoncé qu’il serait « dans la rue aux côtés des syndicats et de l’intersyndicale » jeudi. « En France, on est dans une situation où vous travaillez et vous ne touchez pas assez pour pouvoir vivre dignement. Et ça, c’est quelque chose auquel le gouvernement doit répondre de manière urgente », a-t-il affirmé, tout en renvoyant « la question de la vie chère » à celle « des bas salaires ». La semaine du 26 octobre, M. Glucksmann avait déclaré être empêché de participer aux mobilisations actuelles à cause d’une « campagne de harcèlement de La France insoumise » (LFI).

Lundi matin, il a de nouveau dénoncé « un climat de violence », « une brutalisation du débat public » et « des campagnes de harcèlement ». « Mais les brutaux ne m’impressionnent pas. Je serai partout, je ferai campagne partout dans le pays », a-t-il encore fait savoir, accusant les militants LFI d’installer « une atmosphère, via leur propagande haineuse (…) qui est détestable ». « On est dans un climat de détestation les uns des autres. (…) Je pense que la France, aujourd’hui, est menacée de dislocation. Si vous revoyez la séquence qu’on vient de vivre, le 17 octobre (…). Si vous considérez l’attentat raciste de Trappes. (…) J’en ai marre de ce climat-là. Je pense que la France a besoin d’être apaisée, réconciliée, transformée », a-t-il poursuivi.

Raphaël Glucksmann a toutefois jugé « très compliqué » d’interdire une idéologie raciste ou de priver de parole médiatique ceux qui tiennent de tels propos. « C’est très compliqué d’interdire une idée aussi abjecte soit-elle ou une idéologie. C’est à peu près la même chose quand on disait “il faut interdire l’idéologie des Frères musulmans ou interdire l’idéologie salafiste” », a affirmé le candidat social-démocrate. Après l’attentat raciste à Trappes et à La Verrière (Yvelines), le maire de la commune, Ali Rabeh (Génération.s), avait proposé de rendre « illégale » la théorie du « grand remplacement » selon laquelle il existerait un complot pour remplacer en Europe une population blanche par une population immigrée.

« Par contre, ce qui est certain, c’est qu’il faut faire en sorte que ceux qui sont condamnés pour injure raciale ou incitation à la haine raciale ou pour antisémitisme ne puissent plus être élus », a estimé M. Glucksmann, interrogé sur le fait de savoir si les médias devaient continuer à inviter Eric Zemmour (Reconquête !), condamné pour incitation à la discrimination, à la haine ou à l’injure raciale. « C’est la République exemplaire qu’on doit créer. Le racisme n’est pas une idée, c’est un délit, donc il faut insister sur cette inéligibilité », a-t-il répété.

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