Culture

« On ne ressent rien » : des étudiants en cinéma chinois jugent sévèrement « Sanxingdui », le premier film 100 % IA

« On ne ressent rien » : des étudiants en cinéma chinois jugent sévèrement « Sanxingdui », le premier film 100 % IA

Le 27 octobre, à son sixième jour d’exploitation en salle, le film Sanxingdui: Future Past, premier long-métrage chinois totalement réalisé par intelligence artificielle (IA), enregistrait un taux de fréquentation de 0,3 % soit trois spectateurs toutes les dix séances. Ce fiasco nourrissait les conversations jeudi 29 octobre à l’entrée de la prestigieuse Beijing Film Academy (BFA). Installée dans le nord-ouest de Pékin, près des locaux de CCTV-6, chaîne télévisée étatique dévolue au cinéma, la BFA a formé presque tous les grands noms du cinéma chinois, parmi lesquels les réalisateurs Zhang Yimou ou Jia Zhang-ke.

En doudoune noire siglée de leur école, deux jeunes hommes en licence de la filière interprétation, accroupis, cigarette aux lèvres, très maquillés, attendent un taxi. Leur verdict est sans appel : « Ce film est un navet sans aucune émotion. On distingue les pores de la peau mais on ne ressent rien. »

Ce jugement, des artistes l’avaient formulé bien avant la sortie du film. Le 13 juin, lors d’une conférence de presse du jury du Festival international du film de Shanghaï, l’acteur hongkongais Tony Leung, prix d’interprétation masculine à Cannes en 2000 pour son rôle dans In the Mood for Love de Wong Kar-wai, a déclaré : « Un film généré par IA n’est pas de l’art, car il n’y a aucune âme. » Shu Qi, actrice née à Taïwan, très populaire en Chine, depuis peu aussi réalisatrice, nous confiait en septembre : « Les personnages créés par l’IA sont parfaits sur tous les points, mais ils n’ont pas cette chaleur humaine unique. De plus, on a du mal à se souvenir des visages ainsi générés. Donc à l’heure actuelle, l’IA n’est pas encore prête pour le grand écran. »

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