Le 11 août 1987, un père et une mère abandonnent en bordure de l’autoroute A10 le corps supplicié de leur fille de 4 ans, et poursuivent leur route vers le Maroc en compagnie de leurs cinq autres enfants, deux aînées âgées de 9 ans et 6 ans, et trois garçons plus petits, dont le dernier n’a que quelques jours. Tombe le silence. Il va durer trente et un ans.
La mère, Halima El Bakhti, 72 ans, le père, Ahmed Touloub, 74 ans, comparaissent à compter du lundi 2 novembre devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois. Elle est jugée pour « actes de tortures et barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « en l’espèce des morsures allant jusqu’à la lacération avec arrachement des mamelons, des violences ayant entraîné des fractures, des brûlures, des contusions, des plaies et des placards cicatriciels sur l’ensemble du corps » de sa fillette. Il est jugé pour complicité de ce crime. Leurs six enfants – le dernier est né en 1991 – se sont constitués partie civile, rejoints par des associations de protection de l’enfance et par la commune de Suèvres, près de Blois, dont le cimetière abrite toujours la tombe de graviers blancs où « la petite inconnue de l’A10 » a été inhumée le 9 septembre 1987, en présence du garde champêtre, du maire et d’un prêtre.
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