Culture

Cinq albums à découvrir cette semaine, de la mue électro radieuse de Lescop au retour percutant de La Fouine

Cinq albums à découvrir cette semaine, de la mue électro radieuse de Lescop au retour percutant de La Fouine
  • Patricia Kopatchinskaja et Fazil Say
    Patkop & Say
    Fazil Say : Lost Screams Sonata, no 3. Karol Szymanowski : Mythes. Patkop : Unisolo. Serge Prokofiev : Sonate pour violon, no 1. Patricia Kopatchinskaja (violon), Fazil Say (piano).

Patricia Kopatchinskaja et Fazil Say
Patkop & Say
Fazil Say : Lost Screams Sonata, no 3. Karol Szymanowski : Mythes. Patkop : Unisolo. Serge Prokofiev : Sonate pour violon, no 1. Patricia Kopatchinskaja (violon), Fazil Say (piano).

Artistes irréductibles, Patricia Kopatchinskaja et Fazil Say ne forment pas simplement un duo : ils font la paire. Ce constat vaut d’abord pour les œuvres que la trapéziste du violon et le catcheur du piano ont, chacun, composées à leur intention. Avec son amorce qui rappelle le motif principal de la bande originale des Dents de la mer, la Lost Screams Sonata de Fazil Say s’inscrit dans une dimension spectaculaire qui tire le meilleur parti de la conjonction d’un piano tellurique et d’un violon acéré. Patkop – Patricia Kopatchinskaja quand elle compose – en fait de même dans une pièce, Unisolo, qui se déploie comme une improvisation mirifique. La violoniste d’origine moldave, née en 1977, et le pianiste turc, né en 1970, font aussi autorité en tant qu’interprètes dans deux œuvres assez proches de leurs univers respectifs. Mythes, de Karol Szymanowski, dont le lyrisme enchanteur rappelle quelques moments oniriques de l’Unisolo de Patkop, et la Sonate no 1 pour violon de Serge Prokofiev, dont l’expression jusqu’au-boutiste a peut-être servi de modèle à la Lost Screams Sonata de Fazil Say, pianiste rebelle comme l’a été le compositeur russe. Pierre Gervasoni

  • Lescop
    Polaroïds

Lescop
Polaroïds

Double affiche cet automne pour Lescop, la sortie de son quatrième album coïncidant avec celle de son premier roman, Devenir Loup (Flammarion, 288 pages, 21 euros). Si le garçon un brin ténébreux, qui marqua les esprits en 2012 avec les tubes La Forêt et La Nuit américaine, étend aujourd’hui son champ lexical à la littérature, la mue opère aussi sur le plan musical. Rêve parti, come-back réussi en 2024, s’éloignait déjà de l’esthétique cold wave, pour aller vers davantage de lumière et de groove électro. Polaroïds poursuit la collaboration avec Thibault Frisoni (qui a travaillé avec Bertrand Belin) pour une radieuse collection d’instantanés new wave (Flashback, Comète et Traces), avec en toile de fond les piscines et le ciel azur californien de David Hockney. L’ex-meneur des formations post-punk Asyl et Serpent s’essaie à l’exotisme des rythmiques électro funky sur Couleurs et Boulevards. Blonde exhale un parfum de Roxy Music avec son solo de saxo sensuel. Les deux duos féminins ont autant d’allure : Bleu, avec l’envoûtante Fishbach, et Polaroïds, avec Marie-Flore. Entre le dandysme pop de Bryan Ferry et Pop Satori, de Daho, Lescop se pose subtilement là. Franck Colombani

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